par Tiffany Lavoie
Manhattan n'avait jamais été aussi belle aux yeux de Nathan. Celui-ci sourit, sans trop savoir pourquoi, à une vieille dame qu'il croisait. Il traversa le zoo, et bizarrement sourit au lion qui le regardait d'un oeil morne. Plus vite qu'il ne l'aurait pensé, il se retrouva devant la porte.
Rapidement, il sortit sa clef, et fébrilement, la fit tourner dans la serrure. Il n'avait pas abaissé la poignée que la porte s'ouvrit.
- J'ai pensé à toi toute la journée!
Selena se tenait là, devant lui. Sa bouche magnifique se fondait en une sorte de croissant de lune mielleux, et ses yeux brillaient comme deux étoiles.
- Tu viens? Dit-elle.
Arrivé au salon, Nathan s'assit dans un fauteuil et soupira. Mais soudain, Selena se jeta sur lui. Sans qu'il n'ait eu le temps de réagir, elle l'embrassa fougueusement. Cela dura longtemps. Nathan sentait son coeur battre la mesure de cette musique silencieuse... Cela était doux, comme à chaque fois. Cela n'en finissait plus... jusqu'à ce que les lèvres de Selena se détachent, pour glisser dans un souffle imperceptible:
- Tu m'as manqué...
Ils se regardèrent. Nathan approcha sa bouche de l'oreille de Selena et chuchota:
- Je t'aime...
Bien sûr, il lui avait déjà dit qu'il l'aimait. Bien sûr, il lui avait dit des milliers de fois. Mais ce sentiment était toujours le même. Il voulut le lui dire.
- Depuis seulement 24 heures que je t'ai vue, j'ai toujours su que c'était toi l'amour de ma vie. Et ce, malgré mes aventures passées.
- Il en est de même pour moi, mon chéri, déclara Selena. Personne ne pourra remplacer ton si galant sourire. Tu es unique, grâce à plein de petites choses. Personne n'a ta démarche, Personne n'a tes cheveux. Personne n'imite aussi bien que toi le cri du Sam. Personne ne connait l'histoire de Manhattan aussi bien que toi. Personne à part toi ne m'a jamais dit que j'étais belle. Bref, personne à part toi ne mérite d'être dans mon coeur.
- Tu sais... j'ai aimé, tout à l'heure, lorsque nous nous sommes embrassés.
Il n'en fallut pas plus à Selena pour saisir le bras de Nathan et lui offrir de nouveau un baiser enflammé. Les deux êtres eurent cette fois l'impression d'être emportés dans une tempête. Sur un océan rouge sang. Leurs souffles s'échouaient invariablement dans les hurlements du vent, et les gifles des vagues leur faisaient fermer les yeux. C'était beau, c'était puissant, comme un tableau de Leonardo Da Vinci, ou comme ''Collide'' de Howie Day. Tout rugissait autour d'eux, ils étaient enfermés dans une parenthèse qui les épargnait des griffes du cyclone, des griffes signant leur passage d'une trace de salive blanche et éphémère... tout tournait, des vertiges les prenaient, Nathan ferma les yeux et eut l'impression de sourire en haut d'un chêne. Et soudain tout s'arrêta.
- Je voudrais t'épouser, dit Nathan.
Selena tressaillit.
- Pardon?
- Je t'aime. Je veux t'épouser. Veux-tu être ma femme, Selena?...
Leurs lèvres tremblaient.
- Oui! Murmura-t-elle.
Ils restèrent ainsi toute la nuit à se regarder dans le blanc des yeux. Parfois, ils s'embrassaient. Parfois, ils parlaient.
- Ne me quitte jamais, disait Nathan.
- Je ne te quitterai jamais. Tu es bien trop merveilleux pour que je te quitte, répondait Selena. Tu es l'opposé de la bêtise, de la brutalité... tu vaux bien plus que ce rustre de William. Je ne sais pas comment j'ai fait pour lui trouver du charme.
Et ils s'embrassaient. Puis ils s'embrassaient une nouvelle fois.
Ils s'embrassèrent pendant des heures. Des jours. Des années. Si d'aventure vous ne croyez plus à l'amour, sachez qu'en ce moment même ils s'embrassent quelque part.



